Fausses polémiques sur la Rupture !


​​Patrice Talon n’avance pas masqué et fonce dans les rayons du Nouveau départ. La fièvre de la rupture s’empare de la République. Mais le chef de l’Etat est en butte à la galerie des réfractaires. Et l’usine à polémique tourne à plein régime avec le moteur de l’artificiel et le babillage des ergoteurs. Evidemment, la nostalgie force l’illusion et met en transe les partisans forcenés du régime défunt et autres accoucheurs de chimères. Le chouchou du 20 mars, plébiscité par le peuple de l’alternance, devient la cible privilégiée des champions de la polémique.



Le tohu-bohu sur les paroles de Talon à l’Elysée constitue la manifestation grossière de l’ultime polémique qui frappe le Nouveau départ. Le discours du président sur la compétence a mis en boule la meute qui surfe sur l’alibi pour se mettre en vedette et tenter vainement de ruiner la crédibilité du locataire de la Marina. Le crime de Talon est d’avoir lâché la formule « désert de compétence ». La sanction est immédiate voire instinctive : une rafale de critiques. Mais le destin de Talon n’est pas celui du naufragé de la polémique. Les français ont félicité leur hôte qualifié de « révélation » parmi les chefs d’Etat africains. L’administration béninoise est gangrenée par des cadres déficitaires en conscience professionnelle. Et « elle se dégarnit » précise le chef de la rupture. Cette évidence échappe au régiment anti Talon, armé par la polémique. Talon n’a pas parlé que de « désert de compétence », il a salué « les talents qui sont au pays ». Les meneurs de l’intifada contre la rupture n’avaient pas perçu ce détail précieux. La soif de polémique avait gommé la lucidité escomptée. L’amalgame sur la compétence a même conduit les polémistes dans les rigoles.









Avant la fausse polémique sur la compétence, il y eut des affabulations sur le séjour du président à Paris. Accusé d’être en promenade et de se mettre en rang pour être reçu par Hollande. La machine à polémique a fabriqué de choses inimaginables sur le voyage du chef de l’Etat.
La polémique n’a pas seulement trouvé pour terreau les voyages et l’absence du tout nouveau président au Palais de la République. Le premier Conseil des ministres a inspiré les polémistes. Les décisions de suppression de décrets et de suspension de concours sont tombées dans le bassin de la polémique. Comme si Talon, brillamment élu, avait perdu en un mois ses prérogatives et que succéder à Yayi était un péché.

Le président du nouveau départ n’est pas de nature à se laisser refroidir par l’activisme glaçante des polémistes. Dans son éclatant discours d’investiture, Talon s’est engagé pour un Nouveau départ. « Ensemble nous vaincrons la fatalité…Nous avons tout pour réussir », rassure-t-il. Malgré la vague de polémique tendancieuse et les anathèmes lancés par les détracteurs et les chantres de la négation, Talon avance méthodiquement et sûrement. Son agenda n’est pas le fruit du hasard ni inspiré par la polémique.
Talon est anti Yayi, et son projet de Nouveau départ marque la rupture avec les offres doctrinales du Changement et de la refondation, deux produits du yayisme rejetés par le peuple souverain. Concentré sur son quinquennat placé sous le signe des réformes, Talon est pressé par le temps. Et les fausses polémiques ne devront pas le distraire et plomber le mandat du Nouveau départ.

28-04-2016, Sulpice Oscar GBAGUIDI